Olivia & Jeanne AROUND SOUTH AMERICA
08-09-2010

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Bolivie
Du 12/09/2005
au 09/10/2005


Galerie de photos    [ 51 photos ]
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coucher de soleil a Copacabana
coucher de soleil a Copacabana
le marche aux sorcieres de La Paz
le marche aux sorcieres de La Paz
Laure peche le piranha au milieu des crocos
Laure peche le piranha au milieu des crocos
3 jours d'Amazonie: fille perdue-cheveux gras
3 jours d'Amazonie: fille perdue-cheveux gras
procession a San Miguel
procession a San Miguel
Jeanne et Laure a Rurrenabaque
Jeanne et Laure a Rurrenabaque
Cimetiere des trains a Uyuni
Cimetiere des trains a Uyuni
Ali le Gator
Ali le Gator
Douby et moi dans le desert de sel
Douby et moi dans le desert de sel
Jeanne on board
Jeanne on board
Le desert de Sel
Le desert de Sel
un petit singe safran
un petit singe safran
Olive escalade mon Nikkormat
Olive escalade mon Nikkormat
le doigt de la chevre apres piqure d'une guepe
le doigt de la chevre apres piqure d'une guepe
...ainsi que son sombrero!
...ainsi que son sombrero!
une bonne peche
une bonne peche
Journal de bord



"Viva Bolivia", journal d'Olivia le 17 octobre

Nous voila mi-octobre, a la moitie de notre voyage; je vous ecris de Valparaiso la chilienne, d'une auberge boho envahie de jeunes backpackers du monde entier et il me faut vous raconter un mois entier de Bolivie alors que derriere moi Tom le Quebecquois s'essaye a la guitare, version masculine de Linda Lemay...par ou commencer?
La frontiere bolivienne a ete passee en un clin d'oeil au niveau du lac Titicaca, par Copacabana et l'Isla del Sol qui nous ont initiees a nos premieres nuits polaires et laissees perplexes quant a l'origine de leur nom pourtant plein de promesse; notre arrivee a La Paz ne fut pas plus lumineuse: c'est sous une pluie digne de Noe que nous avons decouvert la capitale culminant a plus de 3000 metres d'altitude. Rencontrer Laure, une jeune kine bordelaise au rire contagieux a ete une bonne consolation a ce debut il faut le dire foireux, et c'est avec elle que nous avons passe les dix jours suivants. Entre deux saucees nous avons quand meme pu nous ballader un peu, en particulier au marche aux sorcieres ou entre autres grigris tronent des foetus de lamas (je n'ose toujours pas reflechir au processus d'extraction) et calme nos pulsions carnivores grandissantes a un restaurant argentin en compagnie de Scott l'Australien (une cascade de cheveux blonds et des lunettes mouchespour un look de chanteur de heavy metal) et Vince le Quebecquois (un phrase fait d'expressions dont je ne me lasserai jamais).
Notre look a encore baisse d'un niveau sur une moyenne pourtant deja bien basse quand il a fallu enfiler cyclistes moulants et maillots de corps sigles du nom de notre hotel pour s'attaquer la "Death Road" et ses presque 3000m. de denivele en V.T.T jusqu'a Coroico. Experience incroyable et bien plus sure qu'en bus qui la plupart, s'ils ne finissent pas au paradis des vehicules, s'embriquent de maniere insoluble dans un tournant.
De Coroico nous avons decide de continuer vers le chaud amazonien, car trop de froid tue le froid (si ce n´est nous!) et avons pris un bus de 15 heures sur une nouvelle Death Road, mais celle-ci non-officielle, dans un decor digne de "gorilles dans la brume", le tout sous l'oeil avise d'une lune rousse a peine rognee dans le coin.
A nous l'Amazonie avec Rurrenabaque, bled aux vapeurs tropicales et a la nonchalance reposante. De la nous sommes parties dans une expedition digne d'Apocalypse Now en pirogue pour trois jours, pecher le piranha dans une riviere infestee d'alligators et nous baigner avec des dauphins roses, le tout au milieu de perroquets et ouistitis safran; nous sommes aussi revenues broucouilles d'une chasse a l'anaconda, mais moi de me faire piquer par une guepe noire et commencer ainsi la longue serie de reproduction de scenes du film culte dont je tire mon surnom. Car pour ceux qui le connaissent, nous avons pareillement enchaine avec un avion microscopique, vers Trinidad et la partie est de l'Amazonie bolivenne. Normalement quand c'est trop, c'est tropico, mais apparemment pas encore assez: nous nous sommes achevees avec 8 heures de bus de nuit vers Santa Cruz, ou le look fille perdue/cheveu gras put enfin atteindre la perfection. La pluie nous a accueillies a bras ouverts, tout comme le "Balivian", petit hotel au melange de backpackers detonnant: Douglas le Bresilien en reperage avec Adriana la Colombienne pour leur documentaire sur le Che (mort dans un village a une heure de la), Tim le Dutch a la blondeur angelique, Paul de Manchester tout droit sorti d'un film de Guy Ritchie et aux occupations tout aussi louches, Mathieu le bobo-beau gosse et Alexia qui avait ramene en souvenir du Perou un boyfriend un poil collant.
De la expedition-fiasco dans les missions jesuites ou les bus ont mis le double du temps prevu, ou il a fallu pratiquement supplier pour obtenir un lit et ou l'omipresence de jeunes Mennonites n'ayant, semble-t-il, jamais vu une femme de leur vie, ajoutait a l'ensemble un atmosphere pesante. Mais qu'est-ce que les Mennonites me direz-vous? Sorte de version trash de "la petite maison dans la prairie", ces agriculteurs allemano-canadiens sont contre la modernite, parlent une langue aussi laide qu'incomprehensible, s'habillent pour les hommes de chemises a carreaux et de salopettes, pour les femmes de robes victoriennes et de culs-de-bouteilles; ajoutez a ca qu'ils sont tous difformes a force de se marier entre eux et vous obtenez les Mennonites, le peuple le plus sexy de la terre en somme.
Puis vint Sucre, dont le nom sied parfaitement a cette ville charmante perchee a une altitude raisonnable, puis Potosi dont le point fort fut la visite des mines. Si la ville est loin de sa grandeur d'antan et sa profusion d'argent en provenance du Cerro Rico, les mines fonctionnent toujours a l'initiative de cooperations de mineurs, pour des conditions de vie dignes du Moyen-Age et quelques veines de zinc. Nous avons passe 3 heures dans les entrailles de la terre a ramper dans des boyaux obscurs et enfumes, a rencontrer des mineurs a la joue deformee par les boulettes de coca, souvent tres jeunes; en a resulte un certain sentiment de honte d'avoir paye pour se deguiser en mineur et jouer a Germinal au milieu de Boliviens dont c'est le quotidien, mais aussi le souvenir d'une experience edifiante.
Puis Uyuni, ou nous avons fini notre mois en Bolivie en feu d'artifice sur une expedition dans le salar jusqu'a la frontiere chilienne. Nous avons partage ces paysages parmi les plus beaux du monde avec un couple de Francais, Sabine et Lionel, dont la compagnie a illumine ces quatre jours, et un couple d'Espagnols dont nous avons decouvert le dernier soir qu'ils etaient respectivement mineur de charbon en Espagne et fille d'un mineur mort de silicosis a 45ans...apres Potosi que nous pensions une exceptions sud-americaine, ce fut un certain choc.
Comment decrire ces paysages lunaires? Se sont succedes devant nos yeux toujours plus avides un paradis blanc infini, interrompu ca et la par des iles peuples de cactus de pres de 10 metres de haut, des lagunes bleues, vertes, rouges, couvertes de flamands roses tres a l'aise a parfois 4800 metres d'altitude, des deserts aux rochers tout droit sortis d'un tableau de Dali au charme surrealiste, des sources d'eau chaude et geysers jaillissant d'une terre ocre et caramel...Il fut difficile de quitter ces merveilles, mais nous n'aurions pas pu mieux finir en beaute la Bolivie que nous l'avons fait.
Voila, nous sommes maintenant au Chili, de retour a la civilisation et a l'abondance; le froid penetrant, les lits-planches de bois et les fausses promesses d'eau chaude sont loin, une partie du charme du voyage a la dure aussi quelque part; il y a toutefois ici encore plein de choses a raconter...la prochaine fois!




"trop de baroude tue la baroude", journal de Jeanne le 18 septembre

Encore une fois et comme toujours je ne sais commencer ce mail qui risque d'etre encore plus long que le dernier tellement ce que nous vivons est riche en beautes et en emotions...
Le train qui nous a mene de Cuzco a Puno fut le premier instant de bonheur depuis la derniere fois que je vous ai ecrit; dix heures merveilleuses dans un train "orient-express" d'un luxe rare a travers les Andes et l'Altiplano. Un paysage desertique, magnifique, ponctue de petits villages typiques et de champs de lama. Bref un pur moment de bonheur qui s'acheva avec un coucher de soleil merveilleux sur le Lac Titicaca et Puno.
Puno,ah Puno, c'est la ou le bad trip commence...Face au froid polaire, a l'impossibilite de respirer et a la mochete de cet endroit, nous nous sommes empressees de fuir pour le paradis a bord d'un bus, mes amis, de Premiere Categorie!
A la clef, films americains, snack offert par la casa, grands sieges confortables (enfin!) et surtout BINGO general organise par la compagnie de bus. Pour ceux qui connaissent mon amour du jeu et du loto, vous pouvez imaginer dans quel etat d'excitation je me trouvais et a quel point je fus decu lorsqu'un peruvien cria BINGO! a ma place... Olivia du me consoler jusqu'a la fin du voyage.

De l'enfer au paradis, ca donne donc Arequipa. Cette "ville blanche", nichee au creu des volcans et son Hostal La Reyna nous accueillirent a bras ouvert et il ne nous fallu pas moins de deux minutes pour vider entierement le ballon d'eau chaude de l'hotel, tellement nous etions heureuses de trouver une douche normale, enfin!
Apres, tout ne fut que bonheur et plaisir pendant trois jours... Brunch au soleil sur les petites terrasses de la ville, visite du monastere Santa Catalina, grasses matinees, petites amplettes, coucher de soleil magnifique sur le volcan Misti, sorties (nous avions retrouve "l'ambiance Cuzco" bien aimee...) et diners delicieux.
Une seule petite ombre au tableau peut-etre : le grand retour de notre cher ami americain Mylhan (pour ceux qui l'ont oublie, le PHD du Machu Picchu) qui avait decide de nous suivre a la trace et de reorganiser tout son voyage afin de le faire avec nous. Comme vous pouvez l'imaginer, grande vision d'horreur pour Olivia et Moi dont la maniere de voyager et les petites manies sont reglees comme du papier a musique! Il a donc fallu faire levier (litteralement je vous jure!) avec la porte de L'Hostal Reyna pour reussir a se defaire de cette charmante personne que nous apreciions mais pas au point de voyager avec elle pendant trois semaines...

Tout ca etait trop beau pour durer et nous avons signe notre arret de mort en decidant de s'attaquer le Canyon du Colca, qui selon les agences est tres facile et selon nous un cauchemar reel!
Bien sur il faut menager le client donc on commence de maniere tres cool : balade en bus, visites des grands parcs naturels, sources d'eau chaude... finalement tout ce dont on a envie a la fin du trek et surtout pas au debut!

Pour vous la faire courte, on descend au fond du canyon a pic avec 8 kilogs sur le dos en plein soleil pendant 8 heures; et ca, ca n'est que le debut!
Notre ami Remi, le guide peruvien a tres vite realise la poisse qu'il avait de nous avoir comme "groupe"(juste Olivia et moi en fait). Au bout des 8h, on apercoit de loin l'endroit ou on va dormir : digne d'un mirage, une oasis verte et magnifique se dresse devant vous.
Je dis donc a Remi dans mon super espagnol de competition : "ah nous sommes enfin arrivees...?"
et il me repond tres relax : "oui oui, dans 2h30!". Un vrai mirage donc!

Pour la fin du trek (la pire!!!) la chevre m'abandonna et se loua une mule pepere. Pour ma part,je decidais de me la jouer sportive et vaillante, a mon grand regret d'ailleurs.
Lever a 2h30, depart avec l'ami Remi dans le froid et la nuit et ascension du Canyon dans l'autre sens. Finalement on remonte exactement ce qu'on a descendu la veille; super! Et en plus on paye pour faire ca!!! C'est ce que je n'arretais pas de me repeter tout au long de cette torture sans fin!
Bien sur le lever du soleil sur le Canyon vous recompense un peu mais pas assez compare au cauchemar ultime que vous venez de vivre...
Pour la petite histoire, on se leve a 2h30 et on fait le trek en pleine nuit parce la vision en plein jour de l'ascension en a fait rester plus d'un au fond du Canyon pour la vie! Et, bien sur, ils vous disent ca en rigolant!
Le bouquet final est un bus de 7h qui vous ramene a Arequipa sur une route, bien evidemment non goudronnee, et qui vous depose telle une epave a la station centrale, qui n'est bien evidemment pas du tout centrale! Voila les amis pour cette aventure absolument merveilleuse...
Le resultat fut une Olivia et une Jeanotte qui marcherent en crabe pendant trois jours et se trainerent tel deux boulets dans la "ville blanche". Il y eu quand meme quelques recompenses a la clefs : massage le plus delicieux de ma vie par une aveugle et steak argentin de la taille de mon bidon!

Toutes ces aventures peruviennes touchaient malheureursement a leur fin et la Bolivie nous appelait; il fallut bien sur, passage oglige, retourne dans notre ville preferee qu'est Puno!
Encore une nuit geniale et glaciale dans un hotel soi disant trois etoiles; le concept "lumiere et douche chaude" ne faisait malheureusment pas parti de la "pochette surprise speciale trois etoiles" que s'etait offert l'hotel! Anyway, cette mauvaise experience nous decidat a quitter le Perou.

Je crois n'avoir jamais vu un passage de frontiere aussi original de ma vie; Apres trois petit bus, un petit mec vient vous chercher en tricycle et vous amene tranquillement au bureau de l'immigration peruvienne puis bolivienne. Comme ca, peinard, a la fraiche, vous passez donc d'un pays a un autre, de la maniere la plus relax qui soit. Le pedaleur peruvien vous fait ensuite un grand sourire, vous laisse sur le bas cote de la route et repart dans l'autre sens avec l'idee d'entuber encore un gringos paume...Tres drole je dois dire.

La partie qui va suivre va vous sembler un peu deprimante mais nous tenions a faire un petit point vis a vis des gens qui nous trouvent si chanceuses de barouder... Eh bien les jeunes, trop de baroude tue la baroude et ce n'est pas le paradis tous les jours, je vous le dis!
Nos premiers jours en Bolivie furent quelque peu difficiles, climatiquement parlant.
Et nous l'avons compris des notre arrivee a Copacabana (pas la Bresilienne, believe me!!!).
Petit ville cotiere charmante (je suis ironique), Cobacabana est exposee a des vents allant jusqu'a 150 a l'heure, ne fournit ni eau chaude ni chauffage, offre des temperatures variant de 0 a 12 degres et ne propose comme distraction qu'un spectacle d'ombre chinoise "made in Jeanotte" mis en scene a l'aide d'une super lampe de poche Decathlon (qui m'a d'ailleurs lachement lache apres seulement 40 minutes de spectacle).
Voila pour le resume de la ville. Dans la rubrique "Mode in Bolivia", les gens pouffent de rire lorsque je leur explique que je suis fashion designer. Indeed, notre nouvelle tenue de Jour (comme de nuit en fait) se resume a : deux paires de chausettes, chaussures de marche, un grand pantalon bien moche, un damart, un T shirt, deux laines polaires, un anorak, une echarpe, un bonnet, une paire de gant. La nuit nous "Twixons" tout ca comme deux doigts coupe faim dans un sac de couchage coupe "sarcophage" (Olivia m'a d'ailleurs officiellement baptise Rascar Capac) et nous nappons le tout de deux couvertures en poil de Lama.
Pour ceux qui m'ont connu "fashionable",eh bien c'est desormais un doux et lointain souvenir...

Notre petit sejour a L'Isla Del Sol (aucune idee d'ou vient ce nom) acheva notre Bad Trip integral;
arrivee sous une pluie battante et glacee, montee de 45 minutes avec les sacs de 25 kgs sur le dos et installation dans l'hotel du coin en pleine construction et donc plein de courants d'air glaces.
Le soleil n'etant absolument pas au RDV, nous decidames d'aller nous rechauffer au seul cafe de l'Ile, ayant lui meme une cuisine inondee jusqu'au plafond.
Bon je ne vais pas m'etendre plus, j'imagine que vous avez un peu pres le topo. Si ce n'est que j'ai failli m'envoler en rentrant dans notre super hostal (vent a 120km a l'h) et qu'il nous a fallu une demi heure pour eteindre notre bougie (l'electricite n'est meme plus au Rendez vous), Olivia et moi etant enferme dans notre sarcophage jusqu'au menton et faisant un coucours de soufflage de bougie a distance. Yala, geniales nos vies, passionantes,non?
Notre motivation a degager de cet endroit affreux nous poussa a prendre le premier bateau, rempli lui meme de gringos comme nous, impatients de retrouver un peu de chaleur quelque part, dans ce foutu pays!

Et croyez moi, ce n'est pas a La Paz que nous la trouvames, puisque nous arrivames sous une pluie battante (encore, je sais!) et dans un brouillard epais. La traversee des favelas locales par ce temps angoissant nous effraya un peu et encore une fois l'une n'osait pas dire a l'autre qu'elle avait la deprime grave!
Ce petit moment douloureux fut quand meme egaye par un envoi de texto de ma chere petite soeur Paulette qui me prevenait que j'avais gagne le deuxieme prix d'une competition londonienne (pour ceux qui sont au courant...); 1000 pounds qui tombent du ciel dans un bus bolivien, ca vous remonte le moral je vous le dis!
Depuis, nous sommes a La Paz, nous avons toujours aussi froid et nous dormons dans une jolie chambre sans fenetre mais avec des barreaux. Nous savons quand meme nous remonter le moral en allant bien manger : Youssef (restau libanais delicieux), Le Pot Pourri des Gourmands (pas besoin de vous le decrire excepte que c'est la reference number 1 dans le routard donc vous imaginez la population), El arriero (restau argentin de fou deguste avec des potes canadiens-australiens delirants), etc... Nous refaisons la fete aussi, malgre le froid.

Dans la rubrique la chevre, Olivia s'est fait refourguer un faux billet et, s'asseyant le long d'un trottoir pour faire une petite pause, s'est pris un peu pres tout le contenu d'un moteur sur son beau blouson bleu, s'etant assise dans l'axe parfait du pot d'echappement.
Voila les amis; meme si tout cela a l'air un peu deprimant, on se marre quand meme et on passe notre vie a s'immortaliser dans nos supers tenues.
J'ai repris mon activite preferee il ya deux jours; grand spectacle d'ombre chinoise dans la prison pour Olivia (qui a failli dechire son sarcophage tellement elle gloussait) et Laure (une super copine de Bordeaux avec qui nous partageons quelque jours).

Nous partons demain faire la "Death Road" en VTT avant d'aller chauffer nos petites carcasses en Amazonie (youpiiii!!!!). Je sens que ce grand moment de sport va encore nous laisser quelques sequelles (Laure l'a fait il y a deux jours et elle ne peut plus bouger les bras!)
Mais l'idee de decouvrir la Pampa Bolivienne et d'avoir enfin chaud nous rejouit tellement que nous sommes pretes a tout pour y arriver...

La suite au prochain episode, donc!
J'espere que vous allez tous bien ou que vous soyiez.




"l'aventure c'est l'aventure", journal de Jeanne le 3 octobre


Le titre de ce grand classique cinematographique resume plutot bien ce que nous venons de vivre, Olivia et moi, les deux dernieres semaines en Bolivie.

L'aventure commenca avec la descente de la "Death Road" en VTT. Vetues de cyclistes en lycra, de casques en plastoc couleur pasteque et d'un ciret vert/orange a l'effigie de notre agence, nous nous sommes attaquees la route censee etre la plus dangereuse du monde, qui mene du plus haut point de La Paz (4800 metres) a l'Amazonie profonde (1700 metres). Le paysage s'en resent puisqu'on part de glaciers et sommets enneiges et on arrive dans les cascades et les plantes tropicales.
Taillee au couteau a flan de montagne, cette route ne fait que quelques metres de large et les nombreux camions qui s'y aventurent finissent la plupart du temps dans un ravin ou s'embourbent dans ce paysage lunaire a jamais. Il est, d'apres ce qui est dit, plus prudent de la descendre en VTT qu'en bus si vous ne prenez pas en compte le fait que vous arrivez couvert de boue et que le masque d'argil facial est offert par la maison!
Mais le principal est que lorsque vous arrivez au bout, il fait chaud meme trop chaud... Mais nous nous etions jurees de ne pas nous plaindre a ce sujet et la redecouverte de nos epaules ainsi que le port du debardeur (vous avez dit debardeur???) nous fimes vite oublier la chaleur suffocante.

Une bonne nuit a Coroico et ca repart parce que l'aventure, la vraie, se trouve a 18h de bus.
De bus, que dis-je? De "tape-cul" a travers la jungle ou l'ou vous vous rendez vite compte qu'il n'y a pas UNE route de la mort mais 2000, et que tout est une question de statistiques!
Quelque peu abimees par le voyge, nous arrivames Laure, Olivia et moi a Rurrenabaque avec une seule idee en tete: dormir!
Ville Far West des chasseurs de crocodiles, Rurre (conmme disent les cools) est une petite bourgade sympathique ou la chaleur ambiante est aux alentours de 40 degres et ou la seule activite consiste a se balancer dans un hamac; programme plus que satisfaisant pour nous apres nos grands exploits sportifs... Un petit poisson au gingembre cuisine par un amigo tunisien, un petit verre de vino et une tenue vestimentaire "legere" nous pousserent tres vite a baptiser Rurre "la ville du trip".

Mais comme trop de confort tue le confort (vous connaissez ma devise preferee), il nous fallut decoller de cet endroit paradisiaque.
Apres 3h de jeep et quelques heures de pirogue, la pampa bolivienne du parc Madidi s'offrait a nous.
Et la, pour etre l'aventure, ce fut l'aventure!
Crocodiles, piranhas, singes, oiseaux tropicaux, dauphins roses... l'Amazonie clichee telle que nous l'avons vu dans les films d'aventure depuis notre plus tendre enfance. Sauf que c'est la realite, quoique mon bob d'aventurier a deux balles rappellait etrangement Indiana Jones et le sombrero patchwork de Laure ressemblait vaguement a l'accoutrement de Crocodile Dundee.
Et je ne vous parle pas de l'arrivee au camp; les bruits de la jungle, les yeux rouges des caimans qui vous suivent a la tombee de la nuit, l'ambiance plus qu'etrange de la pampa...tout ca vous transporte dans le decor d'Apocalypse Now.

La jungle vous atteind et vous transforme; les nuits sous les moustiquaires en pleine nature sont magiques, les levers de soleil musicaux sont mystiques, les chasses a l'anaconda dans la pampa sont lunaires.
Face a ce paysage inspirant, la Chevre n'a d'ailleurs pas pu resister a imiter notre Pierre Richard bien aime en se faisant attaquer par un essaim de guepes; elle frola l'evanouissement et garda comme beau souvenir un doigt "triple size" digne d'Elephant Man.
En tous cas, une experience assez transcendante...

Le retour a la civilisation, bien que ce soit un peu enflamme en parlant de Rurre, fut celebre par une bonne douche et un diner digne de la gastronomie francaise.
Pour quitter Rurre, nous violames la regle number one de la securite (desolee maman et papa) en traversant l'Amazonie a bord d'un avion bimoteur de la taille de ma main. Le casting du vol n'avait rien pour nous rassurer: Olivia, moi et deux hommes dirons nous d'un certain age n'ayant je crois, contrairement a nous, plus peur de mourir...
Mais nous arrivames a bon port, saine et sauve, un miracle! 18h de bus suiverent pour arriver dans une Santa Cruz pluvieuse, ou la specialite est la non existence de matelas; une bonne planche de bois en guise de lit et ca repart, l'aventure c'est l'aventure...!

Ah, les Missions Jesuites, comment vous decrire ce fiasco memorable...? A bord du train de 7h, nous fimes face a la deuxieme specialite da la region : les Mennonites!
Communaute canado-allemande, emigree du Belize et du Mexique, les Mennonites depassent toute realite; habilles facon "la petite maison dans la prairie"(salopette, chemise cow boy 50's, chapeau de paille), reniant le monde moderne, ne se mariant qu'entre eux, ils n'ont en ce qui concerne les 12-25 ans jamais vu une fille de leur vie, sauf peut-etre leur mere, elles memes habillees comme des nonnes et enlaidies au possible afin de n'attirer aucune convoitise.
Je pense que vous avez un peu pres le topo... Nous l'avons bien eu nous aussi lorsque prenant place sur notre banquette, nous fumes litteralement entourees par cette communaute etrange, uniquement masculine, les femmes restant au foyer.
Je vous epargne le reste de cette expedition, qui fut plus qu'une foirade et notre premiere frousse de ce grand periple. Les grandes cinephiles que nous sommes furent tres decues de ne pas trouver les paysages de "Mission" mais plutot des villages tristes, poussiereux et pas tres ouverts aux gringos.
Il fallait partir absolument! Surtout apres avoir passe la nuit dans un poulailler; je defis qui que ce soit de dormir avec une bascours collee a l'oreille!

Mais le seul train qui vous ramene a la civilisation est a 3h du matin.
Allez, on decide de craquer le budget! Le controleur nous suggere de nous faire peter un billet "super premium" dans le train! La perspective de dormir dans un siege/lit nous donne toute la patience necessaire meme si le cadre est des plus byzarres: gare paumee, mennonites, chiens galeux, marchands divers et varies...
Mais le bout du tunnel n'est pas loin, espoir, espoir...qui se brisa en mille morceaux lorsqu'on nous annonca que le train etait complet et le prochain dans quatre jours. Il fallait partir quoiqu'il arrive!!!
Par pitie, un policier munie d'une lampe de poche se fraya un chemin parmi les corps dans les wagons de troisieme classe afin de nous trouver des places en poussant un peu des gens.
L'espoir revint, nous etions dans le train! Espoir ou cauchemar?
Me dirigeant vers ma "place", je me trouvai face a BARACUDA qu'on venait de reveiller dans son premier sommeil pour me faire place; vous pouvez imaginer son humeur... Olivia ayant pour sa part tire le bon numero: un anorexique bolivien!
Transie de peur et preferant presque faire les 7h debout, je mis une demi heure a me decider a m'assoir dans ce qu'il m'avait laisse d'espace, a savoir 10 cm. Je veux bien etre maigre mais bon faut pas deconner quand meme!
Les coups de coudes et de jambes ne firent pas bouger la BETE, et vers 4h, de desepoir et de fatigue, je le reveillai a nouveau (dans son deuxieme sommeil) pour lui demander si je pouvais dormir sur son epaule... Baracuda se transforma en bon gros geant et d'un "claro" rassurant me pris sous son aile. Je vous jure, ca valait la photo; la petite souris avec son masque d'avion sur les yeux endormie au creu de l'epaule d'un Baracuda bolivien.
Je pense que ce n'est pas la peine que je vous decrive nos geules et notre humeur a l'arrivee surtout qu'il fallut enchainer directement sur 18h de bus.

Nous sommes maintenant a Sucre ou il fait beau et ou nous nous reposons enfin de ces folles aventures. Le Cafe Mirador, qui surplombe Sucre, offre des transats au soleil, sers des cappucinos glaces geants, est notre nouveau fief et nous reconcilie avec la vie.
Nous partons demain a Potosi voir les mines d'argent et finirons ce merveilleux pays par Uyuni et le desert de sel; nous avons garde le meilleur pour la fin...
Dans la section "Mode in Bolivia", j'ai rencontre aujourd'hui au marche de Tarabuco un artiste qui etudia a Saint Martins dans les annees 50; la vie est quand meme drole...

Nous vivons une grande aventure avec Olivia, qui nous surprend chaque jour de plus en plus et ne manque pas de sensations fortes




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coucher de soleil a Copacabana
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le marche aux sorcieres de La Paz
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Laure peche le piranha au milieu des crocos
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procession a San Miguel
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Jeanne et Laure a Rurrenabaque
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Douby et moi dans le desert de sel
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Le desert de Sel
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un petit singe safran
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Olive escalade mon Nikkormat
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le doigt de la chevre apres piqure d'une guepe
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...ainsi que son sombrero!
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une bonne peche
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