Olivia & Jeanne AROUND SOUTH AMERICA
08-09-2010

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Chili
Du 09/10/2005
au 31/10/2005


Galerie de photos    [ 40 photos ]
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La Valle del Elqui
La Valle del Elqui
Petite degustation de vin avec notre pote anglaise
Petite degustation de vin avec notre pote anglaise
Olive deguste...
Olive deguste...
Le cimetiere de Valparaiso
Le cimetiere de Valparaiso
La lune vue de l'observatoire de Mamalluca
La lune vue de l'observatoire de Mamalluca
Jeanne dans la lune
Jeanne dans la lune
un amphitheatre lunaire
un amphitheatre lunaire
vue de la dune
vue de la dune
Eglise de Pisco Elqui
Eglise de Pisco Elqui
Valparaiso, mais on se croirait a Portobello!
Valparaiso, mais on se croirait a Portobello!
Fabienne et Mathieu, nos comparses suisses
Fabienne et Mathieu, nos comparses suisses
Puerto Eden au coeur des fjords chiliens
Puerto Eden au coeur des fjords chiliens
vue de Chiloe
vue de Chiloe
des amis rencontres en chemin
des amis rencontres en chemin
Notre bande de potes espagnoles et nous a Chiloe
Notre bande de potes espagnoles et nous a Chiloe
Jeanne dans les dunes
Jeanne dans les dunes
Journal de bord


"Bons Baisers d'Ushuaia", journal d'Olivia le 2 novembre

d'Ushuaia, qui evoque enfin pour moi autre chose qu'un programme tele ou une gamme de gels-douche, je vais tenter de vous conter nos trois semaines chrono passees le long du ruban chilien, jusqu'a "el fin del mundo" ou je me trouve en ce moment. Avec l'obcession de logistique developpee au cours du voyage, la geographie du Chili nous a gracieusement evite quelques prises de tete inutiles: Nord>Sud...le Chili, ca c'est fait.
Tout a commence a San Pedro de Atacama, aka Gringoland, dont le developpement touristique et l'abondance de biens consommables depuis longtemps disparus de notre memoire nous a fait l'effet d'une petite onde sismique. Plaisir, mais aussi rendues un brin nostalgiques: quitter la Bolivie c'etait quitter les sentiers pieds-nickeles (voire pieds-nickes dans mon cas) pour revenir a une culture bien moins depaysante.
Heureusement, il y avait la Vallee de la Lune, et meme si l'on y tournait une pub pour la derniere Peugeot, sa terre ocre a la geologie bizarroide nous a offert un coucher de soleil unique.
De la nous sommes parties a La Serena en compagnie de Julie, une Anglaise en vadrouille depuis deux ans (Jeanne et Olivia=petites joueuses), ou la premiere attraction fut la degustation de pisco en compagnie d'un groupe de centenaires chiliennes hilares dans la vallee de Pisco Elqui, et ce avec un guide particulierement doue dans l'elision des s: je retiendrai surtout "whiky" a la place de whisky, mot qui m'a fendu la poire pour une bonne heure....la fatigue sans doute. Il disait aussi "pico" a la place de "pisco", mais nous avons appris plus tard a Santiago que ce mot que je ne repeterai pas (apres l'avoir hurle a tue-tete avec Jeanne, horreur!) designe aussi...comment dire...un zizi de garcon. D'ou logique implaccable: ou bien le guide se riait des gringitas, ou bien il avait perdu la tete. Je ne m'attarderai pas devant ce qui est d'une evidence foudroyante, mais reviendrai plus tard sur ce genre de bevues linguistiques (toujours a caractere sexuel, inevitablement), puisqu'evidemment la Chevre a recidive, en Argentine cette fois.
Pres de la Serena, nous avons passe une bonne partie de la nuit a l'observatoire de Mamalluca ou la lune -toujours elle- apparaissait en king size dans la lentille d'un telescope, et appris le nom et la fome des constellations que j'ai bien-sur, c'est malin, toutes oubliees depuis.
A Valparaiso d'ou je vous ecrivais mon dernier mail depuis un repere de hippies, nous avons passe quelques jours ensoleillees dans les rues colorees des collines ou Eiffel a fait don d'un ascenseur. Ville revee pour endormir la vigilance des touristes, c'est donc evidemment tombe sur moi: dans la rue un Chileno m'a aspergee de chocolat liquide en disant que cela venait d'au-dessus, pour m'inviter a le suivre dans un coupe-gorge afin d'"essuyer" mon sac-a-dos: cette scene digne du Video-Gag diffuse sur la Lufthansa s'est finie en moi faisant un geste peu feminin au monsieur pour regagner mes appartements de boheme non loin de la. A noter aussi a Valparaiso: la communaute gothique! Camden Town, de la rigolade a cote.
Santiago, ou nous avons passe trois jours dans l'hotel de Gonzalo, le copain d'une amie d'une amie de Jeanne (comme vous voyez, tous les moyens sont bons), s'est averee plus charmante que nous le pensions, bien que sur-americanisee par endroits: nous avons quand meme profite du systeme pour aller voir au cinema un bon gros blockbuster, "Red eye", tout a fait adapte au niveau de fonctionnement de nos cellules grises.
Puis l'ile de Chiloe, une mini-Ecosse couverte de genets ou certains habitants se deplacent a cheval (mon reve de petite fille elevee a "Cheval Magazine") et ou les moutons sont indecemment grassouillets. Ce fut aussi l'occasion de parfaire notre Espagnol autour d'une crepe-party orchestree par vos Francaises de choc avec Nieves la Sevillane, Tadeo le Chilien, Yolanda et Esther les Barcelonaises. Bien mieux qu'un stage Berlitz.
Et de la, en route pour la Croisiere s'amuse! Nous avons embarque a Puerto Montt a bord d'un ferry-bazaar avec a son bord aussi bien des camions que des passagers, dont parmi eux Fabienne et Mathieu, acteur au theatre de Lausanne et elle y travaillant, un couple über-sympathique et sur-in love avec qui nous avons passe trois jours et un peu plus: apres Sabine et Lionel nous pouvons commencer une belle collection de couples de winners!
Dans le role d'Isaac, Cristobal, un Chilien affichant une deconcertante ressemblance notre Carlos national qui, homme multi-fonctions, a particulierement enflamme la piste de son synthetiseur et voix de baryton.
Nous avons navigue a travers les canaux de Patagonie, avec une journee a oublier puique tout l'equipage l'a passee malade dans sa cabine, mais comme compensation la vue de Pio XI, un glacier millenaire de 160 metres de haut, et une escale a Puerto Eden ou les derniers Kawesqar se comptent sur les doigts de la main et dont la tradition pour les hommes de garder le cordon ombilical de leur nouveau-ne autour du cou pendant un an m'a particulierement marquee. Et un peu choquee. Beaucoup.
L'arrivee a Puerto Natales: la Patagonie de Coloane avec un air pur veritable remede de jouvence, des montagnes chapeautes de neige dignes d'une pub Evian...mais aussi un trou dans la couche d'ozone qui fait du soleil un fourbe! Le parc Torres del Paine, une merveille en technicolor ou nous avons contemple notre deuxieme glacier et ses bebes icebergs bleu fluo.
Arrivees au bout extreme de l'Amerique du Sud cote chilien, nous avons donc quitte le pays pour l'Argentine et ses steaks de competition, enfin (et beaux mecs, enfin) pour contempler a El Calafate notre troisieme bonhomme-glacier, j'ai nomme le Pinto Moreno, qui grince et qui couine lorsque sa facade s'effondre dans une effusion de bleu roi.
Retour a la fin du monde, cote argentin cette fois, a Ushuaia d'ou je vous ecris et qui, cela en etonnera certains, est un melange entre Gstaadt et Verbier; mais dans les hauteurs de la ville que j'ai parcourues ce matin, les sequelles de la crise sont visibles, et la banlieue un quasi bidonville ou hurlent les chiens errants...brrrrr.
Voila, c'est fini pour aujourd´hui, toutes mes congratules et remerciements a ceux qui en bons eleves ont lu l'integralite de mes nouvelles du bout du monde...hasta luego amigos!




"on a marche sur la lune", journal de Jeanne le 19 octobre

Potosi, la grande ville miniere bolivenne a ete le premier arret de notre periple.
Un petit dejeuner bien arrose a precede la visite des mines; notre chevre a je crois decide de suivre le film a la lettre: apres avoir renverse une saliere entiere sur sa tartine, nous sommes donc parties casquees et bottees a l'assaut d'une des nombreuses mines du "Cerro Rico", la montagne sacree.
Ce fut une experience eprouvante, dure et triste; il y avait dans les yeux de ces mineurs une espece d'incomprehension face a nous, gringos, qui payent 10 dollars pour descendre en enfer.
Trois heures passees a ramper, glisser, escalader jusqu'aux plus profondes entrailles de la mine, ou la chaleur est ecrasante et l'air irrespirable. Ce que nous avons vu est indescriptible; les mineurs travaillent comme au XVIeme siecle, passent parfois plus de 24h a travailler les minerais et ne gagnent, evidemment, presque rien. Nous avons eu la chance, grace a notre guide, de parler avec eux au cours d'une pause dejeuner, qui se reduit a une cigarette et a quelques feuilles de coca.
Nous rentrames a l'hotel quelque peu deprimees et videes...
La route qui nous mena de Potosi a Uyuni fut digne d'un reve : deserts sans fin, saules pleureurs niches dans des canyons oranges, montagnes de cactus. De loin vous apercevez un point noir dans le desert blanc; ce n'est autre qu'Uyuni, la ville qui mene au paradis...

Les quatre jours dans le Salar furent parmis les plus extraordinaires de ma vie. Il faut dire que notre petite equipee etait des plus sympathiques : Franco, notre chauffeur obese, Lionel et Sabine, un couple de francais genialissime, Xavier et Anna, un couple d'espagnol timide a premier abord mais qui se revela tres vite incroyable et puis Olive et moi, le couple gagnant.
Apres avoir fait le tour des "comment vous vous etes rencontres" dans la jeep (vous connaissez mon amour des histoires romantiques), Olive et moi ne purent nous empecher d'avoir un fou rire nerveux face au : "Et vous, vous vous etes rencontrees comment?" (Merci Elode et Pierrot by the way!)

Plus que les paysages, cette excursion de quatre jours fut surtout marquee par des rencontres humaines incroyables : couples qui font le tour du monde, parents&enfants qui voyagent pendant un an en velo ou camping car, grands voyageurs solitaires...Nous nous sentions bien petites avec nos quatre mois de voyage...
Je n'ai pas besoin de vous preciser qu'evidemment notre groupe etait le plus "bout-en-train" et que nous avons fait la fermeture des gites tous les soirs. Parce qu'a 4800 metres, vous avez envie de tout sauf de dormir!
Il y eu donc une nuit de folie entiere entre Olive et moi : "Ombres chinoises Acte III", "le juste prix", "qui est qui?", "qui est quoi?", "jingles-guess", bref tous les jeux possibles et imaginables que vous pouvez faire dans le noir, enfoncees sous trois metres de couverture!
Tout le gite pu profiter de nos fous rires qui durerent de minuit jusqu'au lever du soleil.

Le desert de Sel, l'ile aux cactus,les volcans en activite, le desert de Dali, les lagunes parsemees de flamands roses, les couchers de soleil... tout ca se passe de commentaires parce que les mots ne suffisent pas pour decrire tant de beaute.
Lionel avait en plus decide d'accompagner ce voyage magnifique par du Aznavour, du Brassens et toute une panoplie de notre chere chanson francaise.
La chevre nous epata a nouveau puisqu'elle s'enfonca jusqu'a la taille dans les sables mouvants de la laguna colorada en compagnie de notre compere Lionel.
Je tiens a preciser, que jusqu'ici, elle reproduit le film parfaitement; j'attends juste avec impatience le coup de la paille dans le nez que j'ai deja essaye de provoquer par des diversions plus que folles... Donc qui vivra, verra...
Xavier et Anna eurent le merite de nous faire tous progresser en espagnol au cours de nos diners enflammes meme si nous nous servames plus souvent de nos mains (Les mimes en Bolivie!) que de notre bouche.
Bref, ce voyage fut magique et hors du temps; dans ces paysages mystiques on ne peut pas refouler cette impression de vide et de solitude immense... Vous etes l'aventurier qui decouvre le monde pour la premiere fois : le lever de soleil a 4800 metres au mileu des geysers fumants et des glaciers, c'est la naissance de l'humanite!

Franco,avec qui nous avions eu des petits differents entre-temps, nous jeta litteralement dans le desert, telle Odile Deray dans la Cite de la peur, et ce fut OLivia et moi dans le meme bermuda dans le nomansland chilo-bolivien. Grande experience, je vous le dis...
Et puis ce fut le retour a la civilisation, la vraie cette fois! Le passage de la frontiere tres moderne ne fut pas du tout digne de notre experience precedente.
Vous arrivez donc, apres ce voyage magique, a San Pedro de Atacama, l'oasis du desert...j'appellerais plutot ca "Gringocity". L'abondance et la modernite y sont oppressantes apres tant de beaute et j'en vins a regretter notre chere Bolivie pourrie.
La valle de la Lune fut tout de meme un autre voyage dans le temps... tous les paysages de cette incroyable semaine se resument en une phrase : nous avons litteralement marche sur la lune!
Et c'etait merveilleux...

Le bus de 17h qui nous mena a La Serena fut d'un autre standing : tele a gogo, repas chauds et surtout un gros chilien adorable qui vous met un petit oreiller derriere la tete et vous borde des deux cotes avec une couverture en pilou doudou. Mais on ne m'achete pas! La Bolivie, c'etait mieux!
Surtout quand vous vous reveillez en pleine nuit par -20 degres car un bus moderne, c'est climatise les amigos!
Que de chocs culturels en seulement quelques jours : des malls commerciaux de partout, des multiplexes, des Mac Do a profusion, des Pharmacies geantissime (Olivia fut ravie sur ce point la!)...
Ce fut pour moi beaucoup de nostalgie et un peu de tristesse je dois l'avouer...
Pour ne pas se laisser abattre, un retour a la nature digne de ce nom: la visite de la Vallee del Elqui, les degustations de vins et de Pisco chiliens et surtout un retour sur la lune, a travers le telescope geant de l'observatoire Mamalluca. Le fait que nous puissiions presque la toucher fut une belle conclusion de ce nous vecumes.

Notre petit stop de trois jours a Valparaiso ne fut que du bonheur.
L'hotel Yoyo fut une maison pour nous. Digne de Tati, maison faite de brics et de brocs, Yoyo est l'endroit des Jeunes avec un grand J par excellence! On se croirait dans les sixties, genre "vie en communaute" : un mec en calbute vous ouvre la porte, un quebecquois joue de la guitare dans la cuisine pendant qu'un belge se mate un filme dans le salon et que les mexicains boivent de la tequila dans le dortoir. C'est une bamboula familiale a toute heure de la journee et de la nuit et vous avez l'impression de faire partie d'une "communaute de cools".
Ce qui est drole, c'est les nouveaux arrivants qui debarquent au ptit dej et qui ne saisissent pas du tout la situation a la vue du ptit dej plus que folklorique.
La seule petite entorse a ce sejour paradisiaque fut l'attaque de la chevre par un chilien qui l'arrosa de chocolat afin de lui piquer son sac. Le sac est toujours la mais les cheveux et le T shirt ont pris un peu cher dans la bataille. Je dois dire que c'est pour moi tres rassurant de voyager avec elle...Au moins, il ne m'arrive rien!

C'est le printemps au Chili. Il fait beau et chaud, au point de rotir sur la plage (desolee pour les demoiselles qui commencent a perdre leur bronzage; nous commencons le notre!), de boire des cafes au soleil et de sortir le soir en tenue legere.
Nous sommes en ce moment a Santiago ou la vie est belle meme si un peu trop europeanisee a mon gout. Mon seul desir est de retourner en pleine nature, perdue au milieu de nulle part...qui l'aurait cru venant de moi?
Nous nous appretons a decouvrir la Patagonie; la croisiere qui nous attend dans les fjords chiliens risque d'etre encore une aventure incroyable.
La suite au prochain episode donc...





"la croisiere s'amuse en Patagonie", journal de Jeanne le 2 novembre


Mes petits amigas et amigos.

Je vous ecris de la ville la plus australe du monde, de la "Fina Del Mundo", bref d'Ushuaia la belle.
Je vais essayer de faire rapide parce que j'ai rendez vous avec l'amigo Nicolas Hulot pour le the, et enchaine avec un diner Florent Pagnygnien.

Apres un sejour magique et reposant a Santiago, c'est a Chiloe, l''Ecosse chilienne, qu'Olivia et moi
atterirent. Cette ile, situe au Sud de Puerto Montt, fut notre premier contact avec la Patagonie.
Les trois jours que nous passames a Castro, petit village de pecheurs, ne furent a nouveau que douceur, repos, et bonheur.
Il faut dire que nous avons assez rapidement investi l'Hostal Mirador, ou plutot sa cuisine, et ce, au plus grand bonheur de la clientele. Le demon culinaire commencait a nous devorer severe et il etait temps de se remettre aux fourneaux!
Fondants au chocolat, crepes party a gogo, Ceasar Salades...; la proprio n'en croyait pas ses yeux!
Les crepes volait dans tous les sens, la maison sentait le chocolat de la cave au grenier et nous arrivames a nourrir une petite dizaine de personnes pendant trois jours.
Comme vous pouvez l'imaginer, nous nous sommes fait pleins de nouveaux amis, tous espagnols cette fois. Je tiens d'ailleurs a faire ici une petite parenthese, a savoir que nos talents linguistiques se sont grandement ameliores. Conversations enflammes entre filles et discussions politiques sont desormais possibles meme si le facteur bonne bouffe y a ete pour grand chose.
A part ca, Chiloe est une ile magnifique, couverte de genets, qui regorge de moutons, de grandes forets et de petites maisons de toutes les couleurs; c'est l'Ecosse telle que je me l'imagine avec un petit cote chilien en plus. Pour moi, ce fut surtout un sejour au pays de la gloutonnerie!
Ce petit week end ne fit que preceder la grande aventure qui nous attendait.

Puisqu'il en faut pour tous les gouts, l'heure n'etait plus au bus foireux boliviens mais a la croisiere houleuse dans les fjords chiliens.
L'embarquement etait deja tres prometteur: bandes de jeunes de toutes les nationalites (nous avons pu d'ailleurs faire une etude comparative du sac a dos), staff qui s'arrachait le micro pour raconter de grosses blagues grivoises et couples de retraites perdus dans la masse.
Face a ce spectacle hilarant, ma gloutonnerie legendaire atteignait son apogee puisque, sous le regard ebahi de ma comparse, je me tartinais une crepe de Nutella a l'aide d'un stylo bic.
Vous pouvez imaginer l'absurdite de cet embarquement si tout le monde se met a faire des trucs aussi byzarres que moi; a ma decharge, c'etait le cas...!
Bon ensuite, c'est l'embarquement general, pour ne pas dire le bordel general, et la vous decouvrez votre cabine pour quatre qui en fait ne peut contenir plus d'une personne a la fois. Tout le monde arrive en meme temps, se bouscule, essaie de caler son sacs a dos geant dans un casier a bouquins et c'est un manege incessant de frolements de fesses et de coudes avec vos compagnons de cabine, un couple en l'occurence. Au moins, ca soude les relations des la depart!
Mais bon nous avons craque le budget avec Olivia et beneficions d'une salle de bain et d'une fenetre. Pas comme le super couple de suisses que nous rencontrons dans le couloir, Fabienne et Matthieu, qui eux heritent d'un placard a balais chauffe a bloc et sans fenetre.
Nous fetons cette arrivee dans un magnifique refectoire, digne des plus belles cantoches francaises, et larguons les amarres. Puerto Montt s'eloigne lentement et le froid patagonien s'engouffre rapidement.

Tout est superbement organise, le staff est jeune et l'ambiance au beau fixe. Surtout qu'apres le diner, c'est un Bingo geant qui s'organise dans le Pub fashion du ferry; Youpi!
Mais avant, il y a musique live... et c'est Cristobal le chanteur et Claudio le barman qui mette le feu a la salle.
Salle en delire qui applaudit et se presse pour jouer au bingo; il y a des T shirts Marlboro a gagner, des autocollants Pioneer... des echarpes en pilou... C'est la folie!!!
Non, je deconne; c'est plutot la croisiere s'amuse version trash et heureusement qu'il y a un bar fourni et des suisses trop chouettes pour nous faire oublier la realite.
Nous trafiquons, Olivia et moi, nos plaquettes de bingo, afin de ne pas etre obligees d'aller danser la Danse des Canards ou la Macarena, seules en plein milieu du bar.
Faut pas deconner quand meme! Pour certains, le bonnet rouge en laine du commandant Cousteau ou l'echarpe en pilou caca d'oie valent bien un petit moment de honte. En tous cas, pas pour nous!
Ce fut tout de meme une franche rigolade jusqu'a que Cristobal, tres chic dans son smocking, se mit aux platines. La salle se vida en moins de deux secondes et la boite de nuit fut un flop total.
Je compris pourquoi, lorsque je croisai Cristobal au ptit dej, cette fois vetu d'une combi de marrin...mmmhhh...cet homme serait-il multifonctionnel???
Indeed...nous decouvrons au fil de la croisiere qu'il est en fait DJ, animateur, chanteur, mecano et marin a la fois. Ils sont forts ces chiliens quand meme!

Votre vie a bord est rythmee par des hauts parleurs geants qui vous suivent jusque dans votre douche : "ladies and gentlemen, it's seven o'clock, breakfast is served..." and so on and so forth...
"dejeuner, reunion d'information, cinema, boum...!!!". Votre vie est tellement organisee que vous ne voyez pas passer le temps.
Surtout lorsque vous le passez ce temps, couchee dans votre cabine, malade comme jamais.
Notre petite sortie dans l'ocean pacifique (12h quand meme!) acheva la moitie, que dis-je, tout le monde, et quelques survivants arriverent quand meme a enchainer, a notre immense surprise, des piscos sours au bar. L'organisation parfaite a quand meme quelques failles; le soir de cette journee memorable, ou la proportion de visages livides explose les statistiques, on a la bonne idee de vous servir des spaguettis a la bolognese; youpi, c'est ravioli!!! Vous pouvez imaginer le succes du cuistot ce soir la...

Bon, la je vous raconte l'ambiance de folie... Mais il y a aussi les paysages, notre decouverte de la Patagonie, de sa vegetation etrange et de ses fjords glaces. Paysage encore une fois presque mystique. Une nature vierge, intacte, parfaite...c'est le bout du monde, le vrai!
Je crois que l'apotheose fut lorsque le bateau fendit doucement la glace en se dirigeant vers le plus grand glacier d'Amerique du Sud, le glacier Pie XI. Les passagers se dirigerent tous vers la proue et on pouvait voir sur les visages, ainsi que sur le mien j'imagine, ce sourire d'un enfant qui decouvre quelque chose pour la premiere fois. Les gens etaient euphoriques, excites, ravis...ce fut un moment magique.
Cette excitation se ressentit le soir. Cristobal mit le feu aux poudres (comme quoi finalement, il n'est pas si mauvais DJ, meme si Olivia s'est emmelee severe et lui a presque arrache les ecouteurs des mains) et la boite de nuit s'enflamma, l'alcool ayant, encore une fois bien aide. Ah oui, j'oubliais que c'etait presqu'Halloween; le staff ne manqua pas de deguiser certains passagers masculins en femmes et vice versa et il y eu quand meme une macarena foireuse mais bon, quand la croisiere s'amuse, elle s'amuse!

C'est l'arrivee a Puerto Natales qui me fit realiser a quel point je suis au bout du monde. Je ne sais pas pourquoi, mais ce sentiment m'a envahi.
Je crois que c'est surtout cette luminosite tres speciale, cette maniere dont le soleil se pose sur les sommets enneiges. Mais il y quand meme un cote tres vide et triste dans ces villes australes.
Une fois encore, Paola (une hotesse de competition), sa petite maison douillette et nos petits suisses (que nous ne quittons plus) nous rassurerent. Un petit clin d'oeil d'ailleurs a la communaute suisse londonienne; nous parlons commes vous mots pour mots, expressions et accent compris, depuis une dizaine de jours maintenant. Meme lorsque nous sommes toutes les deux seules...c'est grave vous croyez?
C'est Paola (encore un protagoniste multifonctionnel puisqu'elle est mere, gerante d'hotel, chauffeur, cuisiniere et etudiante a la fois) qui nous conduisit le lendemain au Parc National Torres Del Paine, un des endroits les plus beaux au monde (je sais, ca commence a faire beaucoup!).
Les cascades, lagunes colores et pampas colorees vous rappellent etrangement l'Afrique.
Puis vous arrivez au pied d'un glacier turquoise et du champs qu'il a parseme d'icebergs, et la vous etes dans la Patagonie magique que decrivent Chatwin et Coloan dans leurs livres.
Encore une fois, j'ai ete ebloui par la beaute de ce monde et par la diversite qu'il nous offre.
Nous fetames cette journee magique par notre premier diner argentin (youpi, enfin!!!) en compagnie d'un autre couple mythique, Dorin et Frederic, deux francais monos de ski qui exploitent le filon du ski chilien, qui au passage, a l'air incroyable...

Voili, voilou, nous avons quitte le Chili pour l'Argentine. J'ai arrete de compter combien de fois nous avons traverse la cordillere (20 fois?); en tous cas le nombre de tampons dans notre passeport temoigne de nos allers retours incessants.
Nous avons enfin decouvert les pampas argentine, plates a l'infini et couvertes de moutons (qui pour ma part sont plus des cotelettes geantes a l'infini...desolee pour les amis de la nature!).
L'argentine, pour ce que nous en avons vu, est tres europeenne.
El Calafate fut un vrai moment de bonheur. D'abord le glacier Perito Moreno, immense et incroyable, et puis les steaks argentins tous les soirs. Vous me direz ce n'est pas comparable, mais pour ceux qui connaissent mon amour de la nourriture, vous ne vous etonnerez aucunement de toutes ces references culinaires!
La seule ombre au tableau fut peut-etre cette irlandaise qui ronfla a faire trembler les murs deux jours de suite dans notre super dortoir de competition. C'est un petit peu la loose puisque nous sommes passees de baסo privado, a baסo compartido, puis a dormitorio; vous l'avez la descente sur l'echelle du baroudeur ou pas?
En tous cas mes sifflements, les cris cris d'Olivia et la tentative de renversement du lit superpose n'y firent rien! Donc maintenant, en plus d'un style "pyjama mediocre", il faut s'equiper en boules quies et masque d'avion. Et moi qui pensait que l'Argentine serait plus glamour!

Apres une nuit foireuse a Rio Gallegos (Bolivia Revival BIG TIME!!!) et 12 heures de bus, nous voila donc a Ushuaia, qui ressemble plus a Gstadt-Verbier qu'a la ville la plus australe du monde.
Boutiques fashion (peut-etre allons nous pouvoir enfin nous approvisionner...), Casinos a gogo, restaurants par millier; pas du tout ce a quoi je m'attendais finalement!
Mais bon, au moins on pourra dire qu'on a ete a Ushuaia. Pas mal, non?
Je reviens pour ma part d'une journee de rando magnifique dans la parc national Tierra Del Fuego parmis les oiseaux et les chevaux. Nous avons d'ailleurs enfin fait le tri entre Tierra Del Fuego, la Patagonie, Ushuaia & Puerto Williams, le detroit de Magellan, geographiquement parlant.
Je pense que nous sommes desormais implacables au Trivial Pursuit, section geographie... On vous fera une petite conference en rentrant!

Voila mes chouchous, je m'apprete a aller retrouver 4 ronfleuses de competition (nous sommes passees de 4 a 6 dans les dortoirs, c'est vraiment la dechance!) qu'il va falloir calmer a coup d'oreillers.
Et qui a dit, que les mecs ronflaient plus que les filles?

Pleins de baisers a tous




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Petite degustation de vin avec notre pote anglaise
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Jeanne dans la lune
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un amphitheatre lunaire
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vue de la dune
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Fabienne et Mathieu, nos comparses suisses
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Jeanne dans les dunes
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